
Kyle Nissen
11 août 2010, CALGARY, ALBERTA – Le skieur acrobatique canadien Kyle Nissen a troqué ses skis pour un emploi d’été dans un bureau; et il a constaté que les aptitudes acquises sur le trampoline, les rampes d’eau et sur les pentes se transposent plutôt bien au milieu de travail.
Après avoir passé dix ans au sein de l’équipe nationale de ski acrobatique, avoir remporté douze médailles en Coupe du monde et avoir participé à quatre Championnats du monde et deux Jeux olympiques – sans oublier qu’il exécute régulièrement des triples périlleux avec quatre vrilles à 60 pieds dans les airs – on a du mal à croire que Nissen pourrait être intimidé par quoi que ce soit, surtout pas par l’école ou par un emploi de 9 à 5.
Néanmoins, comme de nombreux athlètes qui compétitionnent dans un sport de haut calibre pendant leurs années formatrices, il admet que l’idée d’occuper un emploi d’été dans la division des comptes payables et son admission à l’université de Calgary en septembre l’ont un peu déstabilisé au départ.
C’est après avoir assisté à la Série de l’excellence post-olympique du Comité olympique canadien à Lake Louise en juin qu’il a acquis de la confiance en son plan d’avenir.
Le sommet mis sur pied par le COC vise à aider les athlètes olympiques qui songent à la retraite à se préparer en vue de la prochaine étape de leur vie. Les athlètes bénéficient d’un encadrement de la part d’olympiens à la retraite et peuvent participer à de nombreux séminaires sur des sujets allant de l’art oratoire à la gestion des finances.
Pendant dix ans, Nissen s’est concentré uniquement sur ses objectifs athlétiques. Selon son entraîneur de longue date, Dennis Capicik, sa capacité à se concentrer sur son sport et son étique de travail ont fait de lui un excellent athlète avec qui il était très agréable, et facile, de travailler. Cependant, Nissen n’a pas eu beaucoup de temps pour se constituer un véritable CV. C’est d’ailleurs la première chose à laquelle il a pensé lorsqu’à 30 ans, il a songé à quitter le monde du ski acrobatique pour le milieu du travail, lui qui n’avait jamais occupé ce qu’il considérait comme un « vrai travail ».
Nissen dit que c’est grâce au sommet du COC qu’il a finalement reconnu que les aptitudes acquises au cours de sa carrière d’athlète et qui lui ont valu des médailles d’or, par exemple, la gestion du stress, le travail d’équipe et la persévérance, sont en fait totalement transposables à la profession qu’il choisit de poursuivre. Il n’a pas hésité à les appliquer, ce qui lui a valu de nombreuses félicitations de la part de son employeur actuel.
Il prévoit également profiter du programme de Sport Canada qui couvre jusqu’à quatre années de frais d’études post-secondaires pour les athlètes des équipes nationales. « Je suis très chanceux que mes études soient payées, je serais fou de ne pas en profiter », affirme Nissen, qui vise un diplôme en informatique.
Avant les Jeux de Vancouver, Nissen croyait qu’il pourrait probablement skier une saison de plus en 2010-2011, mais compte tenu de ses résultats décevants aux Olympiques, il n’était pas pressé de retourner au gym, ni sur la neige. Aux Jeux, à l’issue de son premier de deux sauts, il occupait le premier rang des finalistes et le podium semblait lui sourire. Malheureusement, il a raté son deuxième saut et il a terminé au 5e rang, comme à Turin en 2006.
Depuis, il affirme : « Le ski ne me manque pas du tout, les Jeux ont terni mon désir de skier. Je voulais voir si une fois la douleur des Jeux disparue mon désir allait revenir, mais ce ne fut pas le cas ».
Or, cela ne veut pas dire que certains aspects du sport ne lui manquent pas, « Je m’ennuie déjà des voyages et des gens », confie-t-il.
Évidemment, l’équipe s’ennuie de lui aussi. Capicik a affirmé qu’il était fier des réalisations athlétiques de Nissen au cours des années et que le vide causé par son départ ne sera pas facile à combler. Il est toutefois convaincu que le legs des athlètes comme Nissen et son coéquipier Steve Omischl (qui prend également sa retraite) contribuera à mener la prochaine génération vers les plus hauts sommets.
Pour sa part, Nissen a maintenant la liberté d’explorer des intérêts mis de côté par manque de temps. Il suit des cours de batterie, joue au softball et cet été, pour la première fois depuis longtemps, l’athlète natif de Calgary a assisté au Stampede.
Nissen a toutefois déclaré qu’il ne tournera jamais le dos aux sauts et qu’il espère jouer un rôle dans le sport lorsqu’il aura eu la chance de développer certains de ses autres intérêts et habiletés.
Pour obtenir de plus amples renseignements ou fixer une entrevue avec Nissen, veuillez communiquer avec Kelley Korbin, responsable des relations avec les médias pour l’Association canadienne de ski acrobatique à : kelleykorbin@freestyleski.com.
Tags: Dennis Capicik, Kyle Nissen, Steve Omischl